x «L'artiste est la seule personne qui sache que le monde est une création subjective.»  x Anaïs Nin, autrice

Faisant fi de toutes nos modalités spatio-temporelles, je me suis glissée
dans quelque chose de l’ordre d’une méta-grandeur. J’y ai découvert un magma vibratoire, imprégné d’informations atemporelles et aspatiales, tout à la fois ici et là-bas, même et différent. Avec étonnement, j’ai rencontré tapie dans l'opacité de la matière, sous les concepts et les représentations, une densité discontinue, instable, vibrante. S’en est suivi la disparition du temps et la venue d’une temporalité paradoxale, un espace d’une plasticité inouïe, à la malléabilité insensée, aux spatialités inextricables.
Dans ce monde qui se montre à moi, je fais des promenades incertaines dans des dimensions insonores, sans temps et sans espace. Au cours de mes déambulations, j'approche, silencieuse et solitaire, une masse virtuelle et atemporelle, j'y rencontre ces éclaireurs qui ne communiquent que par ondes et vibrations. Ils me montrent une plasticité autre, faite de formes et de couleurs inconnues. Depuis la réalité absurde de ces autres dimensions, je  trace, regardant l'extra-sensible un ordonnancement inconnu. De cette réalité équivoque, je dessine dans le champ du monde, dans un bouger qui danse, pour devenir visible au regard au détour d'un lieu. Par couches successives ça se dégrossit, se crée sans préconçus jusqu'à redessiner notre réalité déjà imaginaire.
 
​L'univers suppose des lieux inouïs, réels, multiples, à même les espaces de notre réalité, à notre insu, je suis effrayée par cet inconnu perpétuel, depuis le jour où le monde que nous connaissons s'est ouvert à ses dimensions cachées, devenues soudain accessibles. Mais pour refaçonner les regards et les esprits, avec une logique étrange, en dépit du bon sens, j'ai depuis lors autrement pensé ou dit, avec une approche par le vide et par ce qui nous dépasse. Ce qu'il faut dire de ces qualités spatiales, c'est qu'elles se connaissent comme du dedans, dans une réalité serrée, cachée dans l'opacité du monde...y voyager, s'y transporter à coup de tracés, de lumières et de reflets.
 
Plan de la Tour-Juillet 2017