x Agir in situ sur l’espace du monde, ressentir un monde malléable, sans cesse à façonner

Art - Recherche x Espace - Temps - Lumiere

 

Mon travail d'artiste c'est avant tout une posture, celle d'une parole qui me traverse et que je ne peux cesser de dire, un pari qui se jouera le temps d'une vie d'artiste : à travers l'in situ, voir jusqu'où une œuvre peut se frotter au réel, s'adapter et interagir avec celui-ci comme le fait un être humain en permanence au cours de sa vie. D'autre part c'est aussi une recherche de réponse en retour, que le "bien vivre" sa vie est justement d'investir le monde jusqu'à le réinventer. Ma proposition est de voir le monde comme une feuille à dessiner, et dès lors de penser celui-ci comme potentiellement multiple tout en restant un, toujours singulier même s'il est global, instable malgré l'impression de finitude,,... et sans cesse à dessiner.

Ce travail s’inscrit directement dans le champ de notre réalité, sur les sites -in situ. Il vise à augmenter notre registre spatial intuitif du monde, pour nous ouvrir à une représentation plus abstraite de l’espace, et nous déplacer dans sa dimension protéiforme.

L'espace du monde devient ainsi, aussi plastique que peut l'être un dessin, aussi malléable et sans cesse à façonner que peut l'être notre imaginaire, mais aussi, polymorphe et inconstant, ou hypnotique et vertigineux comme l'est l'inconnaissable. Le but visé étant de voir le monde que nous connaissons comme une texture multidimensionnelle, vibratoire, le lieu d'une liberté paradoxale.

"Quelques tracés, couleurs, reflets, lumières, ou avec des rencontres performatives, le lieu devient capteur d’espace, il  brouille notre manière usuelle d’accéder au lieu. Alors notre champ de perception s'élargit et nous  ressentons l'espace,  il devient modulable, indéterminé, équivoque. Nous pouvons toucher du regard des spatialités plus insensées de la réalité, et de là, nous pouvons redessiner le monde. "

QUESTION : le rapport que nous entretenons avec l’espace, ses représentations, et les liens du corps avec celui-ci.
L’ENJEU : in situ, dans la matérialité du monde, nous ouvrir à des spatialités insensées et insolites
BUT : Moduler l'espace, libérer notre imaginaire spatial
ACTION : installer in situ des capteurs d’espace
L'espace  =  texture multidimensionnelle, changeante, insaisissable et malléable.
Comment attraper l’espace?
> rencontre avec le lieu
> articulation entre ses surfaces, des mediums et la lumière
> approche intuitive des multiples dimensions du lieu ( matérielle, symbolique,..), ou plus vibratoires (sa lumière, ses couleurs,..)
Texture souple, vibratoire, multidimensionnelle et métamorphe :
- à mi-chemin entre réel et imaginaire
- nous pouvons manipuler cette entité espace/temps qu'est le monde
- elle appelle des choix de perspectives collectifs et/ou individuels
- à chacun d'en jouer pour composer sa propre réalité
> altérer notre perception usuelle, déstabiliser notre représentation collective de l'espace et du monde
> dispositif formel performatif capteur d’espace qui désolidarise l'espace du lieu
> expérience immersive singulière et déroutante , moments de spatialité inconnus

> L'espace : devient inconstant, convertible, plus indéterminé modifie notre conception usuelle qui le voit homogène, continu et stable
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Le capteur d'espace : nous inscrit dans une multitude de spatialités,
-dans les replis d'un espace/temps vibratoire,
-qui se déroulent dans la matérialité du monde
> mettre en mouvement, déstabiliser, fissurer notre image du lieu,
> des leviers visuels inusuels émergent, nous font avoir une emprise nouvelle sur l'agencement des spatialités
> l'espace se dévoile enchâssé dans une construction mentale prédéterminée,
> il se révèle comme entité abstraite saisissable, toujours singulière et particulière à soi
Art - Research x Space - Time - Light

 

Trough in situ action on the world ‘s space, redefining its reference grids, the intention is to give one the experience of multidimensional space, being continuously reworked. To do so, I set space catchers troughout the location. By essence, space catchers are performative formal devices. They move us into both puzzling and singular immersive dimensions that bring us into unknown time spaces. This work is not an illustration, it acts upon the world itself. Each space catcher is unique to the environment it is designed for, to the location that will be holding it. It also changes as different viewers activate it. Created with mixed media (adhesive, tape, proections, lasers, wall painting, mirrors, neon light,…), it can be ephemeral or permanent. ​With the play on lights, colors, reflections, lines, its fundamental action is to make the place maleable. The distabilizing setting into motion and craking down all preconceived notions on space. Through the process a dysmorphia of architecture’s parameters happens : less precise, ever changing, undetermined.In these unchartered dimensions, new marks allow for an unexpected grip on the arangement of space. Space being caught and reworked, the place becomes an imaginary construct hinting at a shifting world. This work is not about producing artefact. It is on catching space to redesign the world and give it the plasticity of painting.