x Noémie Goldberg x Recherche x "Attraper l'espace"
 

x "L'espace définit davantage les hommes qui s'y retrouvent que le monde dans lequel ils vivent ."  x Aurelien Barrau, astrophysicien

Ce travail traite de l’espace et ses spatialités. Il questionne le rapport que nous entretenons avec lui, ses représentations, mais aussi les liens du corps avec celui-ci, en nous inscrivant dans un imaginaire de l'espace. L’enjeu est de tenter d’attraper l’espace pour en altérer la perception. Pour ce faire, Il s'agit d'investir in situ toutes sortes de lieux (galerie,centres d'art, lieux publics, lieux privés, ...) et y poser un "space catcher", un capteur d’espace. Ce dispositif formel performatif produit des expériences immersives singulières et déroutantes pour nous faire vivre des moments de spatialité inconnus, et interroger nos représentations usuelles de l'espace.
 
Des capteurs multidimensionnels aux formes multiples. Comment attraper l’espace? La captation d'espace découle de l’interaction entre surfaces, mediums et lumière et se joue dans la rencontre avec un lieu. Un capteur d’espace varie donc en fonction du lieu qui l'accueille C'est pourquoi il est souvent composé de médiums multiples et divers (adhésifs, projections,lasers, peinture murale, miroirs, néons, repas,...) éphémères ou permanents, qui sont choisis et organisés en fonction des paramètres du lieu (architecture, sources lumineuses, préalables techniques, contraintes,...). Une partie significative du space catcher relève de l’intangible et se veut multidimensionnelle. Réalisé avec une approche intuitive des différentes dimensions qui coexistent, que ce soit la dimension matérielle ou symbolique du lieu, ou la dimension vibratoire de la lumière, tout participe pour composer un space catcher.
 
Moduler l'espace pour libérer notre imaginaire spatial. Une fois l'espace "capturé", le space catcher le rend modulable à coups de reflets, de lumières, de couleurs, de tracés. Une spatialité insensée et insolite se libère, une multiplicité déconcertante flotte partout où le regard se porte, il en résulte une sorte de dysmorphie du lieu. Les paramètres de l'architecture deviennent convertibles, inconstants, plus indéterminés, moins précis. Cela a pour effet de mettre en mouvement, déstabiliser, fissurer notre imaginaire du lieu. Des leviers visuels tangibles émergent, nous font avoir une emprise nouvelle sur l'agencement de l'espace. Par un jeu d'éléments équivoques et vertigineux, l'espace devient une construction, mais se dévoile aussi comme une entité abstraite insaisissable.
 
L'espace comme texture vibratoire multidimensionnelle. Ces recherches sur un sujet aussi vaste que complexe, ont pour objectif de mettre à nu les mécaniques cachées en jeu dans notre conception de l'espace : une conception lissée mais sous laquelle se cache un monde emprunt de mutabilité. A mi-chemin entre réel et imaginaire, nous pouvons manipuler cette entité comme une texture vibratoire multidimensionnelle, métamorphe et malléable, qui appelle des perspectives modulables. A chacun d'en jouer pour composer sa propre réalité spatiale.

Mes propositions spatiales effleurent des mondes à la géométrie singulière, des mondes fugaces, parallèles, inconçus. Hors sens, elles "travaillent" l'espace mais aussi -et surtout- notre représentation du monde